3 Growth Hackers expliquent leur métier

Growth Hacking Spendesk Luko Libéo

Dans cet article, vous découvrirez :

  • Commment ces trois experts définissent le Growth Hacking
  • Les parcours et formations de Jérémy, Constance et Quentin
  • Leur scope d'action au quotidien : entre marketing, sales et produit

Le Growth Hacking intrigue autant qu'il fascine.

Né dans l'univers des startups il y a plus de 15 ans, ce métier reste souvent mal compris, à mi-chemin entre marketing, produit et analyse de données. Pour mieux saisir ce qui se cache derrière ce terme à la mode, quoi de mieux que d'aller à la rencontre de ceux qui le pratiquent en France ?

Je vous propose de plonger au cœur du quotidien de trois spécialistes du Growth : Jérémy Goillot, Constance Caillaud et Quentin Lallemand.

Trois profils différents, trois parcours passionnants, mais un même objectif : accélérer la croissance de leur entreprise grâce à des méthodes créatives et une approche pragmatique.

Jérémy Goillot (ex-Head of Growth chez Spendesk)

« Le Growth Hacking, c’est l’art de tester vite, d’échouer vite, et d’apprendre encore plus vite. »

Qui est Jérémy Goillot ?

Jérémy est l’ancien Head of Growth de Spendesk, une startup SaaS spécialisée dans la gestion simplifiée des dépenses en entreprise. Il a rejoint l’entreprise très tôt, dès ses débuts en 2016, alors incubée au sein du startup studio eFounders.

Son rôle chez Spendesk est centré sur une chose : la croissance. Concrètement, Jérémy se définit comme un facilitateur, un « accélérateur » pour les équipes commerciales. Sa mission principale est d’aider ces équipes à automatiser leur prospection et à optimiser leur productivité pour augmenter significativement les revenus de Spendesk.

Quel parcours pour devenir Head of Growth chez Spendesk ?

  • Profil technique et commercial : Après une école de commerce à Marseille, Jérémy développe des compétences techniques (développement, automatisation, scripting) lors d’un Bootcamp au sein du Wagon qui lui permettent de créer lui-même des outils et d'automatiser des processus.
  • Arrivée tôt chez Spendesk et évolution rapide en interne : En intégrant Spendesk dès le lancement, il a vu son rôle évoluer régulièrement (tous les 3 à 6 mois), passant initialement d'une position proche d’un « SDR amélioré » (chargé principalement de générer des leads commerciaux), à une fonction plus large de Growth Hacker, avec des responsabilités multiples en marketing, automatisation, produit, recrutement et productivité interne.
  • Proximité avec l’écosystème startup parisien : Jérémy est le plus gos networker de Paris - il échange avec tous les Growth Hackers et spécialistes du marketing digital à Paris (Alan, Payfit, etc.). Il accorde une grande importance à l’apprentissage informel, notamment via LinkedIn ou les rencontres en personne.

Comment Jérémy définit-il son métier ?

"Mon métier, c'est la croissance chez Spendesk. Ça veut dire aider l'équipe commerciale à faire plus de croissance. Je travaille de manière très transversale, et mes missions évoluent régulièrement. Concrètement, j’ai quatre grandes responsabilités :

  • Générer de nouveaux clients, en automatisant et optimisant le funnel commercial, notamment grâce à des outils d’outbound très personnalisés.
  • Faire en sorte que nos clients utilisent davantage Spendesk, en travaillant étroitement avec le Customer Success et l’équipe Produit pour favoriser l’adoption des nouvelles fonctionnalités.
  • Augmenter la productivité des commerciaux, en créant des outils pratiques en interne (extensions Chrome, automatisations) pour libérer leur temps des tâches répétitives.
  • Participer au recrutement, en utilisant des méthodes issues du growth pour attirer des talents.

Au quotidien, mon métier consiste essentiellement à trouver des points de blocage dans notre croissance et à créer rapidement des solutions automatisées ou techniques qui augmentent directement notre revenu."

Constance Caillaud (ex-VP Growth chez Luko)

« On a fait énormément de "things that don't scale".»

Qui est Constance Caillaud ?

Constance Caillaud est ex-VP Growth chez Luko, une startup spécialisée dans l'assurance habitation digitale et transparente. Luko propose des assurances 100 % digitales, faciles à comprendre et à souscrire, tout en reversant une partie des primes non consommées à des associations.

Constance rejoint l'entreprise en 2018, alors que l’entreprise ne compte encore aucun client et seulement 7 employés. En seulement deux ans et demi, elle a contribué à faire passer Luko à plus de 100 000 clients.

Quel parcours pour devenir VP Growth chez Luko ?

Diplômée d’HEC Paris et de Wharton, Constance commence sa carrière dans le conseil en stratégie chez BCG (Boston Consulting Group). 3 ans qui lui apporteront des bases solides en  stratégie d'entreprise et en analyse. Elle décide en 2018 de se lancer dans l'univers startup en rejoignant Luko, initialement au poste de Growth Hacker. C’est à dire, faire tout ce qui est en son pouvoir pour générer plus d’utilisateurs sur la liste d’attente.

Comment Constance définit-elle son métier ?

Son rôle en tant que Head of Growth consiste à générer des clients par tous les moyens possibles. Lorsqu'elle rejoint Luko, la startup n'avait encore aucun client, et son produit n'était même pas lancé officiellement.

Constance s'est donc immédiatement concentrée sur deux priorités :

  1. Les partenariats : Elle a mis en place des collaborations avec des entreprises liées à l'immobilier ou au déménagement, comme PaperNest, afin de toucher directement des personnes ayant besoin d'une assurance habitation.

  2. Facebook Ads : Face à la difficulté initiale de convaincre des utilisateurs d'acheter une assurance habitation auprès d'une marque inconnue, Constance a misé sur la diffusion d'articles de presse et de vidéos produites par des médias tiers, plutôt que de simples publicités directes. Cette approche a permis de diviser immédiatement par deux à trois le coût d'acquisition client.

Pour elle, le métier de Growth Hacker repose sur une démarche très pragmatique : tester énormément, mesurer précisément les résultats, puis itérer rapidement en fonction de ce qui fonctionne le mieux.

Quentin Lallemand (ex-Head of Growth chez Libéo)

« Les meilleurs hacks viennent toujours d'une parfaite compréhension du contexte client. »

Qui est Quentin Lallemand ?

Quentin Lallemand est ancien Head of Growth (et CMO) chez Libeo, une startup française qui simplifie les paiements entre entreprises en automatisant la gestion des factures fournisseurs. Il a rejoint Libeo en novembre 2020, en pleine crise sanitaire, pour structurer la croissance de la startup et accélérer significativement son acquisition.

Précédemment, Quentin avait évolué chez Swile, une autre pépite française, où il s'était déjà imposé comme un spécialiste du Growth Hacking.

Quel parcours pour devenir Head of Growth chez Libéo ?

Le parcours de Quentin Lallemand est similaire au parcours de Jérémy : business et tech.

Il sort diplomé d’une école de commerce (option marketing), puis quelques années plus tard, il développe une double casquette avec une formation technique, en suivant le bootcamp intensif en développement web du Wagon en 2020.

Grâce à cette expérience, il acquiert rapidement les compétences nécessaires pour ne pas être limité dans la compréhension et l’analyse de la data mais aussi la création d’outils faits main pour optimiser les processus d'acquisition de manière autonome.

Comment Quentin définit-il son métier ?

Quentin résume son métier en 3 grandes missions :

  1. Comprendre profondément les besoins des utilisateurs : À son arrivée chez Libeo, Quentin échange directement avec des clients (TPE-PME) pour mieux comprendre leurs difficultés pendant la crise Covid, et adapte le contenu marketing en conséquence (webinars, guides pratiques).
  2. Créer et structurer des funnels marketing efficaces : Quentin restructure entièrement les campagnes marketing en trois niveaux (Top, Middle, Bottom) pour accompagner progressivement les prospects, depuis la prise de conscience jusqu'à la conversion en utilisateurs actifs.
  3. Utiliser la data pour prendre des meilleures décisions : Par exemple, pour son ciblage, il utilise les annonces d’emploi des entreprises (notamment en finance) pour identifier les moments clés où elles recrutent de nouveaux profils financiers. Cela permet d'envoyer le bon message au bon moment.

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